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De musica et quod accedet.

Bonjour Acrimonieuses et Acrimonieux,

Avant tout, une petite clarification: le titre, vous l’aurez remarqué, est en latin. Pourquoi? Parce que moi (qui ai fait quatre heures de latin durant mes six années de secondaire et qui par ce choix fut un chouïa raillé par des camarades qui portaient sur moi un regard condescendant, du haut de leurs quatre heures d’anglais) ai décidé de libérer mes pulsions vengeresses. Vous n’avez pas compris? Et ben, c’est bien fait pour vous. Na.

Cet article est mon premier article dit « musical ». Les guillemets sont de rigueur car, justement, nous allons traiter de ce qui ressemble le moins à de la Musique. Je dis nous. Car, une première n’allant pas sans l’autre, cet article est également mon premier article collaboratif. Ce texte a donc été écrit à quatre mains par moi: L’Illustre Acrimonieux ainsi qu’un camarade à l’esprit vif que je rencontrai lors de ma tournée habituelle des bordels de Phnom Penh. Cet auteur se nomme Jacques Uze et voici son exutoire:http://autrisme.wordpress.com/.

Revenons à notre sujet: la mauvaise musique ou, sous son nom plus connu, la musique commerciale. Jacques et moi, accoudés au comptoir du bar ayant la pire réputation de Phnom Penh, discutions de choses et d’autres, en sirotant une vodka-pomme ignoble à sevrer le plus imbibé des rois des bleus. Soudain, le vieux poste radio se mit à cracher un son tout bonnement horrible de ses vieux amplis. L’affreuse musique résonnait à travers la fumée du bar carrelé. Jacques et moi, frappés qu’un son aussi mauvais puisse être créé, étions incrédules. Nous demandâmes donc au gérant de régler le poste radio, persuadés qu’il ne s’agissait que d’un problème technique. Le cinquantenaire édenté nous crachota que sa radio était bien réglée. Jacques et moi discutâmes ainsi de la musique commerciale.

Beaucoup plus tard, Jacques me proposa d’écrire ensemble un article sur ce type de musique. Voici notre article:

-« Ah! Quel océan de platitude, quelle morose attitude! Ah, quel désert spirituel! Ah, quelle tristesse éternelle!

C’est avec tant de détresse que je me vois obligé d’agir quant à l’écoute souvent malencontreuse d’une serpillère à rats auditive ponctuée d’un bout à l’autre de boum tchak, eux mêmes liés par, en général, un ensemble hyper-exhaustif harmonique constitué d’un minimum d’une note. Ou d’un maximum. Que dis-je.

Messieurs, mesdames, je ne dis pas que nous retournons vers la préhistoire, non! Mais tout au mieux que l’appréciation de l’art musical n’est qu’eau stagnante pleine de boue et sans doute d’excrément de poisson mort. La similitude est reine, les standards sont posés, et celui qui s’en rapproche le plus en a plus dans les poches.

Oui, c’est la triste vérité, mais c’est ainsi. Ces «compositeurs de tube de l’été», ou plutôt composteurs de prude austérité travaillent ainsi. Boum, tchak, note, basse, tremblements, foule en liesse, billets qui tombent. Mes amis, vous refusez de regarder de la publicité qui est, entre nous, gratuite, mais vous vous acharnez à dépenser à qui mieux mieux pour des artistes autoproclamés qui n’ont rien de mieux à faire que – pardonnez-moi l’expression – de vous défoncer le tympan avec ce tube de l’été?

Ne l’oublions pas, un tube, c’est désespérément vide. Et une fois qu’on a énoncé quelque verbiage un tant soit peu amusant en son sein, on s’en ennuie relativement vite. »

-Oh, que tu as raison mon bon Jacques! Que tu m’ôtes les mots de la bouche! Mais laisse-moi, moi aussi, ouvrir la cage de ce diable qui me tiraille depuis tant d’années.

Mon offensive débutera (et c’est un comble pour une offensive car, comme son nom l’indique, l’offensive est là pour offensiver) par aborder les défenseurs. Les tribuns de cette musique (l’un ou l’autre pseudo-hipster au phrasé plus que douteux) nous clament, une perle de sueur au front, que cette musique est faite pour danser. Et là moi je dis non! Non, monsieur, la musique n’est pas faite pour être dansée! En musique, l’oreille prime pas le pied ou le popotin! Certes, on peut danser sur de la musique, mais il aura fallu qu’auparavant, votre tympan, Juge Impartial de L’Audition ait approuvé le résidu sonore qu’il reçoit. A ce moment-là seulement, votre cerveau donnera la permission à vos cuisses flasques et à vos deux hémisphères graisseux du bas du dos de bouger sans retenue.

Autre acrimonie: j’honnis tout le milieu qui entoure ces musiques. Vous savez bien: les DJ A-krymonny, DJ Didier, etc. les gérants de clubs à Ibiza. Vous savez, ce style de personnes qui portent des lunettes avec une surface aussi grande que deux paumes de mains, qui vont de leur salon à leurs toilettes en jet, qui s’autoproclament « artistes » avec leur cerveau de protistes. Qui, au fur et à mesure qu’ils se multiplient sur les ondes de nos radios, en viennent à s’entretuer en multipliant à l’envi les « beats ».

Encore ce son, ce son qui me poursuit partout, tout le temps, sans arrêt. Ce carrousel auditif démoniaque me fait tourner la tête! Je n’en peux plus! Sortons de cette marchandisation du son. Créons. Et cessons ce perpétuel déversement fécaloïde au sein des cils vibratiles de notre oreille interne. Par pitié, Serge, Jimi, Freddie, Ludwig, revenez d’entre les génies morts. Et délivrez nous du mal. Aïe.

Amen.

L’Acrimonieux et Jacques Uze.

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