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Ô français, langue chérie !

Acrimonieuses, acrimonieux,

Je vous prie de m’excuser. Je n’ai été que bien trop absent ces dernières semaines. Il faut dire que mon agenda était quelque peu chargé et je n’arrivais pas à trouver une parenthèse intellectuelle pour écrire mes articles. Mais mon cerveau foisonne désormais d’idées d’articles plus caustiques les uns que les autres.

Buvons ensemble la bile d’aujourd’hui…

Moi, l’Acrimonieux, je ne peux plus supporter les gens. Entendons-nous bien, je ne parle évidemment pas de tous les gens. Je parle d’une certaine catégorie de gens. Ces personnes seront la cible de mon fielleux article.

Les mots.

Je vais tenter de décrire le troupeau que j’honnis. Imaginez-vous un être dont la posture oscille entre celle d’un gorille en rut et celle d’un bradype. L’individu se vêt d’un pantalon plus qu’élégant (training Adidas noir, lignes or, taille M, petite tache blanche au flanc droit, état presque neuf, 25€). Il porte des lunettes de soleil fuchsia alors qu’il se meut dans un espace aussi lumineux que son esprit. Son couvre-chef est bien souvent une casquette qu’il porte à la manière de ses idoles. Il souhaite ressembler à ça mais il ressemble à ça. Triste spectacle.

L’individu est très mélomane. Il aime porter des casques d’écoute en les positionnant autour de sont cou en poussant à fond le volume de son engin à musique. Je ne vais pas commencer à juger la musique qu’il écoute, cela serait être trop acrimonieux en une fois. Mais sachez tout de même que les sons émis pourraient être comparés à un espèce de cloaque bourbeux emplis d’excréments auditifs dont il s’enduit allègrement les oreilles. Revenons à sa manière de porter son casque : très gênante si l’on a à devoir être assis à côté de tels énergumènes… dans un train par exemple. Une situation concrète : vous êtes assis dans un moyen de transport, en train de lire, étudier ou même rêvasser. Soudain, la chose se présente à votre regard. Horreur, vous découvrez qu’ « il » sont en réalité quatre. Du même type. À une couleur de cheveux, de training, de casquette près. Et là, vous, fervent agnostique, ou athée, vous priez. Pour ne pas avoir à endurer le supplice d’avoir 4 représentants du genre animal (du moins, en ce qui concerne leur attitude) à côté de vous. Vous avez beau prier, vos prières ne sont pas entendues par la Force Divine, ce qui confirme votre agnosticisme ou votre athéisme. Rassurez-vous je n’ai rien contre la religion. Je le précise, je ne voudrais pas être traité d’anti-catho, anti-juif, anti-musulman ou même anti-bouddhiste ou anti-taoïste.

Et j’en viens maintenant au point le plus important qui justifie le titre de cet article. L’individu parle. Ou plutôt émet des grognement. Dans le meilleur des cas, il sort de son orifice buccal un ersatz de langage primitif ou traînent, mourrant, des reliquats de français. L’individu ne respecte pas la langue française. Son phrasé peut s’apparenter à ces quelques exemples : ah, vas-y quoi! (quand il est énervé), à l’aise ou quoi? bien ou bien? (quand il cherche à connaitre l’état physiologique et psychologique de ses camarades), comment il t’a dit! J’aurais pas aiméééé! (quand il se moque de la situation d’un de ses camarade), etc.

Force est de constater que la langue française est souillée par de tels obtus. Moi je loue la grandeur et la beauté de la langue française. J’aime les voyelles volubiles vibrionnant autour de nos tympans. J’aime la recherche du mot juste ou la variété des sonorités s’accompagne si gracieusement à la variété des sens. J’aime les possibilités artistiques qu’offre cette langue. Je consens évidemment qu’une langue évolue, cela prouve qu’elle est vivante. Mais je refuserai qu’une bande de mots aussi peu élégants que stupides viennent squatter mon foyer langagier.

Acrimonieuses, acrimonieux, vous aussi révoltez-vous contre ces assassins qui tuent le français. Libérez vos acrimonies! Pensez, parlez (bien), écrivez.

Et continuez de lire mon blog, c’est tout aussi utile.

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Un commentaire sur “Ô français, langue chérie !

  1. Voilà un article plaisant à lire. Les métaphores s’enchaînent et laissent place à l’hilarité. On peut du moins les remercier d’avoir remis l’apostrophe monosyllabique au goût du jour. « Ô, toi! » prend aujourd’hui un sens insoupçonné des Anciens.

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