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Pamphlet à l’encontre de mon prof de français.

Acrimonieuses, acrimonieux,

Je vous avais promis d’écrire un article moins acerbe. Je me vois dans l’obligation de ne pas tenir ma promesse. Ne vous fâchez pas, par pitié. Je vous vois sortir et vider vos barriquets de bile d’ici. Le cours des évènements a fait qu’il ne m’est impossible d’agir ainsi. Le fatum fait qu’il faut s’indigner. J’ai opté pour l’écriture d’un pamphlet.

Honoré de Balzac. Courant: Le Réalisme.

Je m’insurge, mesdames et messieurs, contre mon professeur de français. Ou plutôt contre ses méthodes. Malgré la tentation on ne peut plus tentante des insultes qui, les orteils courbés au bord de mes lèvres, s’apprêtent à se lancer à l’abordage de l’atmosphère et des moeurs, je m’efforcerai d’être d’une politesse au moins aussi poussée que Jean-Marie Bigard.

Je ne dis pas qu’il est bête. Non. Loin de là. On sent véritablement qu’il a une grande culture qu’il a lu beaucoup de livres qu’il a lu l’intégrale de Oui-Oui. Je veux dire que mon acrimonie ne porte pas sur ses connaissances brutes. Ce que j’honnis c’est sa pédagogie. Je m’explique.

Il n’est pas heureux de donner cours. Je n’exige pas qu’il bondisse au plafond et qu’il rie à chaque fois qu’il explique un courant littéraire. Mais il est loin de se comporter en professeur un tantinet motivé à enseigner. Chaque heure de cours avec lui, en dehors de me faire ressentir les sensations que doit éprouver un condamné dans le couloir de la mort, me voit observer une personnification de la synthèse de concepts abstraits tels que la dépression, la souffrance au travail, la lassitude… Il en ressort que ce professeur pédant est d’une paresse formidable.

Il nous propose un cours sans aucune structure. En gros, on sait que, pendant l’année, on parle du roman. Point. Après… Le prof vient, il clame le titre de la matière que l’on va voir. Et il commence son monologue. Ponctué des rares questions posées par les quelques élèves (souvent de sexe féminin). D’ailleurs, il y répond à ces questions. Mettons que la réponse est : « Tout à fait, Madame Bovary ne craint pas la mort ». Ce professeur entamera une longue série de broderies afin d’éteeeeeendre sa réponse pour n’amener rien de nouveau à celle-ci que des longueurs supplémentaires. Il rajoutera: « Non, la mort ne lui fait pas peur. La vision de la fin de la vie ne lui donne pas la chair de poule » etc.

En y réfléchissant, c’est l’école qui est en tort. Noble institution. Mais je me demande pourquoi elle est la cible de tellement d’acrimonies. La faute est chez les professeurs. Ce sont des individus qui se satisfont de leur égo en ayant un mépris caractérisé envers leurs disciples. Parce qu’ils font le métier de professeur, ils s’assimilent à leurs érudits collègues travaillant à l’université.En rhéto, la situation empire car c’est à cet âge-là que l’élève dépasse le maître. Ils répondent à cela par une mauvaise foi caractérisée.

Revenons au prof de français. Il nous a demandé d’étudier 6 courants littéraires. L’interro était dispensatoire si on obtenait 13,5/20. Malgré les heures d’étude assidue, je n’ai réussi à obtenir que 10,5/20. Au passage, notez que, sur 50 élèves, 8 (!) seulement ont réussi à obtenir 13,5. Preuve de la difficulté de la chose. Je me suis renseigné auprès du sage pour connaitre le détail de mes points. Il m’a répondu avec un air satisfait qui me reste encore au travers de la gorge que mes explications étaient floues. Il voyait que j’avais étudié mais qu’il ne pouvait pas m’attribuer de point car mes explications n’étaient pas assez précises. Tout n’est évidemment que mensonges.

Parlons en de l’interro. Il nous demande de déblatérer le contenu de son cours. Il fallait tout connaitre par coeur. Tout, c’est-à-dire 24 pages. 24 pages d’explication saugrenues (notez, les autres profs de français n’utilisent pas son cours…). Existe-t-il un quidam qui puisse me donner des arguments qui affirment l’utilité d’une telle interro? S’il nous avait donné un texte ou il aurait fallu reconnaitre les caractéristiques du Romantisme, du Parnasse etc. ça aurait une utilité. Il ne l’a pas fait.

Ultime acrimonie, et pas des moindres : Une fille avait obtenu 13/20. Comme cette fille fait partie de ses chouchoux (car, oui, il a aussi des chouchoux), il a été lui retrouvé un demi-point dans les entrailles de son interro. C’est un scandale. Con, va.

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